Les bactéries intestinales guident-elles nos émotions ?

Dans tous les domaines, la curiosité humaine matérialisée par les recherches de tout genre ne cesse de repousser les frontières de l’ignorance. C’est ainsi que depuis quelques années, l’on a commencé à se demander si le cerveau et le ventre ne communiquaient pas à un certain niveau. L’on s’interroge plus précisément sur l’influence qu’ont les bactéries intestinales sur les parties du cerveau responsables des émotions (humeur, agissements, traitement des informations, etc.). Qu’en est-il réellement ?

Ventre et cerveau : quels sont les liens entre ces deux organes ?

Certaines expressions populaires illustraient déjà le fait que des émotions se traduisent parfois par des sensations particulières au niveau du ventre. C’est ainsi qu’une forte angoisse peut se traduire par la boule au ventre et que l’expression « avoir l’estomac dans les talons » est utilisée pour dire qu’on ressent une grande faim. On entend aussi souvent dire que ventre affamé n’a point d’oreilles pour expliquer le fait qu’une personne perde ses moyens (facultés à réfléchir ou à coordonner ses mouvements par exemple), lorsqu’il a le ventre vide. Et si tout cela s’expliquait par le fait qu’il a toujours existé une interaction entre les neurones du ventre et celles du cerveau ?

De comment les émotions humaines naissent et disparaissent

Les émotions ont longtemps été considérées comme trop subjectives pour être assimilées à un processus cognitif quelconque, seule grande fonction qu’on reconnaissait au cerveau. Or, les études scientifiques ont montré depuis, que de nombreuses parties du cerveau affectent le comportement humain qui est quant à lui, la résultante des émotions ressenties. Le cortex préfrontal a été plus spécifiquement ciblé comme étant la partie du cerveau la plus active lors des expériences de contrôle et de régulation des sentiments/émotions. Mais, c’est davantage l’amygdale qui est considérée comme ayant le rôle central dans les réponses émotionnelles. Ainsi, le rôle du cerveau dans la production et la gestion des émotions est clairement établi. Mais comment intervient le ventre, et notamment les intestins dans ce processus ?

Le second cerveau de l’homme

Des recherches scientifiques ont mis en lumière l’existence de plus d’une centaine de millions de neurones dans l’intestin. Mais mieux, le professeur Michael Gershon a fait réaliser que près de 90 % de la sérotonine est produite dans le laboratoire intestinal. Or, on connaît les neurones comme étant des analystes et transmetteurs d’informations et la sérotonine comme étant l’hormone responsable de l’humeur et du comportement humain. Ajoutez à cela le fait que le ventre soit considéré comme le siège de l’énergie vitale (dans la tradition asiatique notamment) et qu’il soit l’abri dans lequel se développe un enfant. Cela suffit-il à dire que le ventre est aussi l’un des centres de production des émotions ?

Ce que révèlent les dernières études scientifiques

Une leçon que l’homme a apprise au cours de ses nombreuses quêtes de vérité est que les organes humains constituent un système et fonctionnent donc en tant que tels. Des interconnexions existent entre les milliards de cellules, nerfs et autres ramifications du corps. C’est ainsi qu’il a été découvert un système de communication entre l’intestin et le cerveau dans lequel le microbiote joue un rôle des plus cruciaux. Des tests effectués sur des sujets sains et des animaux (singes et rats entre autres) ont permis d’établir une certaine corrélation entre :

  • les types d’émotions ressenties (stress, anxiété, joie, etc.) ;
  • les types et la quantité de bactéries intestinales.

Le système nerveux entérique (intestin) et le système nerveux central (cerveau) sont donc étroitement liés du fait que le microbiote influe sur le fonctionnement cérébral et vice-versa à ce qu’il semble.

Les recherches se poursuivent néanmoins pour mieux comprendre et apprécier ces interactions ainsi que leurs effets sur les ressentis de l’homme et ses émotions profondes. Et peut-être qu’un jour, l’on sera en mesure de prévenir certaines maladies neurologiques à travers un meilleur contrôle du transit intestinal. 

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